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Photos et vidéos de l’inauguration de la place François Béranger

De Martin Garanger, Momoatys et Ménil Mon Temps


Discours de Annie Gafforelli, adjointe au Maire du 20e

Chère Emmanuelle, cher Stéphane,
Chères Habitantes, chers habitants.

Aujourd’hui, nous donnons un nom à une place. Et pas n’importe quel nom. Nous donnons un lieu du 20eme à François Béranger.
Alors disons le tout de suite : François Béranger n’est pas né dans le 20eme.
Mais ici, dans cet arrondissement combatif, populaire, à la mémoire ouvrière bien ancrée, on sait une chose essentielle : on n’a pas besoin d’être né quelque part pour y appartenir.
Il suffit d’y être accueilli…et y être adopté.
Et François Béranger, nous l’adoptons avec une immense plaisir . Quand Emmanuelle sa fille m’a parlé de cette idée d’une rue au nom de Béranger, avec Eric , le maire, nous n’avons pas hésité une seconde.
Parce que comment le 20eme ne pourrait- il pas s’honorer d’un artiste de la parole libre, de la chanson militante, de la tendresse rugueuse, de l’humour qui pique juste là où il faut.

François Béranger, c’était une voix . Une voix qui racontait les gens. Les anonymes, les cabossés, les révoltés, les travailleurs, les rêveurs.
Une voix qui chantait la vie en tranches, forcément des tranches de vies. Une voix qui savait dénoncer la magouilles blues sans jamais perdre l’humanité. Une voix qui parlait du petit musicien, de celles et ceux qu’on écoute pas assez. Une voix qui rappelait que l’engagement, c’est du participe présent. Et puis il y a cette chanson, plus que jamais nécessaire aujourd’hui, Mamadou m’a dit .
Une chanson sur l’exil, sur les frontières, sur le parcours des migrants. Une chanson qui nous parle encore, qui nous parle fort ,qui nous parle juste. Parce qu’aujourd’hui plus que jamais , des paroles engagées, tournées vers les autres, sont indispensables. Pour rappeler que notre arrondissement sera toujours une terre d’accueil, toujours.

Alors désormais, en passant par cette place, j’aurais dans la tête une chanson de François Béranger. Peut être une mélodie, peut être un refrain, peut être une phrase juste , une phrase qui résonne.
Et je me dirai que cette place, ce n’est pas seulement un nom sur une plaque. C’est un rappel que la culture est une arme douce. Que la poésie est politique. Et que l’humanité , quand elle est chantée avec sincérité, fait avancer les consciences.

Merci François Béranger, merci pour les mots, merci pour les luttes, merci pour les chansons. Et bienvenue chez toi, ici dans le 20eme.


Extrait du discours de Laurence Patrice, adjointe à la Maire de Paris

Un moment exceptionnel ce soir qui convoque un peu de nos jeunes années et beaucoup d’une époque où la chanson portait des bleus, elle traînait tard, rentrait bourrée de slogans, entre deux manifs et trois illusions sertis d’amour et de convictions. François Béranger est sorti de cette époque là, entre drapeau rouge et drapeau noir , avec quelques autres il nous a appris à aiguiser notre sens de la révolte , mais aussi à partager le goût des mots et des idées qui bataillent derrière , celles de la chanson populaire au sens qu’elle dit ce qu’elle voit du peuple. Il était de ces voix cassées d’un moment où l’espoir des lendemains qui chantent avait déjà la gueule de bois mais continuait pourtant à réchauffer tous ceux qui pensaient que le monde était mal foutu.

Merci à @stefsanseverino d’avoir été là ce soir pour faire vibrer une fois de plus les mots de François Béranger, merci aux enfants de François qui portent haut la mémoire de leur père , merci au maire Éric Pliez et aux camarades élues du 20e qui tenaient tant à cet hommage au cœur du quartier Saint-Fargeau . Et pensée plus personnelle pour mon père qui serait sans doute content que j’accompagne cette mémoire de cette chanson là, de cette culture là, qu’il m’a fait aimée.


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